Manifeste : Écrit public par lequel un chef d’État, un gouvernement, un parti, une entreprise etc., rend compte de son mandat ou expose son programme, son point de vue.

Début 2023, BAARS introduit un nouveau projet clef dans son développement, au croisement de nos origines parisiennes, notre culture architecturale et notre savoir-faire unique. Il se nomme : « Manifeste ».
Sur le fond, c’est une vitrine et un hommage à notre fabrication locale, une déclaration d’amour pour Paris et plus spécialement pour le Centre Pompidou. Sur la forme, Manifeste annonce la direction artistique de BAARS pour les années à venir. Elle se caractérise par un travail sur les textures mates, brillantes et sur les volumes. Manifeste sera présenté pour la première fois à OPTI 2023, à Munich. Le début de son histoire remonte à la fin du XIX siècle, ici, à Paris.

In early 2023, BAARS will introduce a new key project in its development. At the crossroads of our Parisian origins, our architectural culture and our unique know-how, this project is called Manifeste. In terms of concept, it is a showcase of and a tribute to our local craftsmanship, a love letter to Paris and more specifically to the Pompidou Centre. In form, Manifeste outlines BAARS’ artistic direction for the years to come. Of note, is the extensive thought given to matt and glossy textures, as well as volumes. While Manifeste will be presented for the first time at OPTI 2023 in Munich, its history starts at the end of the 19th century, here in Paris.

1891 /

Après l’annexion de ses faubourgs et l’exode rural, Paris voit sa population exploser. Elle compte désormais plus de 2,5 millions d’habitants.

L’étroitesse des voies de circulation par rapport à la hauteur des immeubles et la phénoménale densité de population dégradent fortement la propreté de Paris. La tuberculose se propage.

Dans ce contexte difficile, Paul Juillerat, alors chef du service d’hygiène de la capitale, finalise son enquête sur les conditions de vie en son sein. Ses conclusions sont accablantes et donnent lieu à un concept nouveau : l’identification de zones appelées « îlots insalubres », nécessitant une attention toute particulière.

Nous sommes alors début 1900 et leur nombre s’élève à six. Il ne fera que monter pour atteindre 17 au moment où la Première Guerre mondiale éclate. Malgré des conditions de vie désastreuses, leur réfection traîne.

After the city annexed its suburbs and after the rural exodus, the population of Paris swole to over 2.5 millions. The narrow width of the streets in relation to the height of the buildings and the phenomenal population density severely increased the squalor of Paris. Tuberculosis is spreading like fire.

In this difficult context, Paul Juillerat, then head of the capital’s hygiene department, completed his investigation into the living conditions in the city. His conclusions were overwhelming and gave rise to a new concept: the identification of areas called “îlots insalubre” (“unsanitary islets”) which called for an urgent solution. At the beginning of 1900, there were six of them. This number would increase to 17 by the time the First World War broke out. Despite the disastrous living conditions, their rehabilitation lagged behind.

1969 /

Grand saut en avant : Georges Pompidou vient d’être élu président. Les évènements de mai 1968 viennent tout juste de se terminer et un vent nouveau, une envie de rupture et de créativité flottent sur la capitale. Pompidou, passionné d’art moderne, lance l’idée de créer un centre culturel dans Paris. Il s’inspire du succès d’initiatives similaires aux États-Unis et énonce sa vision : « Un lieu de création, où les arts plastiques voisineraient [sic] avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle ».

Pour son implantation, le lieu est vite trouvé : le plateau Beaubourg, à l’une des extrémités du quartier du Marais. Là où se tenait l’îlot insalubre n°1, rasé dans les années 30, se trouve alors un gigantesque parking sauvage.

Fast forward to 1969 when Georges Pompidou was just elected President of France. The events of May 1968 recently ended and a wind of change, a desire for a break with the past and for creativity, was blowing through the capital. Pompidou, who was passionate about modern art, launched the idea of creating a cultural center in Paris.

Inspired by the success of similar projects in the United States he set out his vision: “a place of creation, where the plastic arts would rub shoulders with music, cinema, books and audiovisual research”. To house such a center, everyone quickly agrees on the location of the former unsanitary islet number one. Destroyed in the 1930s, in its stead was now a gaping hole in the middle of Paris, in the so-called “Plateau Beaubourg”. What would later become one of the bustling ends of the Marais district was then just a large car park.

Pour la réalisation de l’ouvrage, un concours international d’architecture présidé par Jean Prouvé est lancé. Le cahier des charges : créer un bâtiment qui devra répondre aux exigences de pluridisciplinarité, de libre circulation et d’ouverture des espaces d’exposition. Des 681 candidatures émises, deux noms ressortent vainqueurs : Renzo Piano et Richard Rogers, respectivement 34 et 38 ans.

Leur proposition est aussi clivante que novatrice. Elle se constitue d’une part d’une grande place, appelée piazza, en référence à sa source d’inspiration : le Forum Romain. D’autre part, du bâtiment en lui-même, transparent et ouvert sur la ville.

La part belle est laissée au contenu plutôt qu’au contenant. Est imaginée une construction composée de grands plateaux libres et modulables pour répondre aux besoins des expositions, à l’extérieur desquels sont relayés tous les éléments mécaniques et techniques.

Poteaux, gerberettes, gaines de ventilation, accès… tout ce qui est habituellement caché se présente là, aux yeux de tous. Pour aller plus loin encore et quitte à frôler la provocation, chaque élément reprend un code couleur fort : les tuyaux pour la ventilation sont bleus, ceux pour l’eau, verts. L’électricité et la circulation des personnes se voient attribuer respectivement le jaune et le rouge. Cerise sur le gâteau, la rampe d’accès aux étages qui traverse toute la façade du bâtiment deviendra le logo du centre !

An international architectural competition, chaired by Jean Prouvé, is launched for the construction of the center. The specifications: to create a building that would meet the needs for multidisciplinarity, free circulation and open exhibition spaces. Of the 681 applications submitted, two names emerged as the winners: Renzo Piano and Richard Rogers, aged 34 and 38 respectively. Their proposal is as disruptive as it is dividing.

It consists of two parts: a large square, called piazza, in reference to its source of inspiration, the Roman Forum. And the building itself, designed to be transparent and open to the city.

The emphasis is on the content rather than the container. The construction is made up of large, modular, free-standing platforms to suit the needs of the exhibitions, while all the mechanical and technical elements are displaced outside the building.

Poles, beams, ventilation ducts, accesses… everything that is usually hidden is out there for all to see. To go one step further, bordering on provocation, it is decided that each element will have a strong color code: the ventilation pipes are blue, the water pipes are green. Electricity and the circulation of people will be respectively yellow and red. The icing on the -cake is that the access ramp to the floors, an element that runs diagonally across the entire facade of the building, will become the center’s logo!

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2023 /

S’il fut un temps surnommé « Notre-dame-des-tuyaux », le centre Pompidou constitue aujourd’hui un élément-clef du paysage architectural et un lieu cher au cœur des Parisiens comme des touristes. Et si l’extérieur peut paraître confus et dense, l’intérieur est d’une évidence surprenante : la clarté et la liberté des espaces flattent chaque œuvre qu’ils abritent.

Once nicknamed the “Notre-Dame of pipes”, the Pompidou Centre is today a key element of the architectural landscape and a place dear to the hearts of Parisians and tourists alike. While the exterior may seem confusing and dense, the interior is surprisingly obvious: the clarity and freedom of the spaces flatter the works they house.

C’est cette sublime leçon de pensée qui nous a inspiré Manifeste. En miroir au centre Pompidou, elle met en avant ce qui d’habitude est caché : notre procédé de fabrication.

La justesse et la finesse du dessin original ainsi que les traces d’usinage sont habituellement gommées lors du passage aux tonneaux. Les angles laissent place aux courbes dans la recherche de la brillance parfaite.

Face intérieure et branches sont polies. Elles accueillent le porteur et garantissent un confort sans concession. L’extérieur lui, est brut. Les transitions sont traduites en arêtes. Les angles sont exagérés, les volumes sont repoussés. Les surfaces non polies sont mises en avant et donnent toute sa force à Manifeste : la fabrication et la technique en exposition.

L’ensemble est un objet fonctionnel et minimaliste qui s’inscrit parfaitement dans l’ADN BAARS. Il exprime avec force la conviction que nous partageons avec l’architecte Louis Sullivan : la fonction avant la forme. Ou plutôt : la forme au service de la fonction.

Manifeste se décline en deux formes : l’une papillonnante et l’autre pantos « crown » nommées respectivement Renzo et Richard. La boucle est bouclée.

This sublime lesson in thinking inspired us a new collection, called Manifeste. Mirroring the Pompidou Centre, it brings to the front what is usually hidden.

The finesse of the original design and the traces of machining are usually lost in the barrel tumbling process. Angles give way to curves in our quest for the perfect luster.

The Manifeste project is designed as a showcase for our exceptional know-how: the inner face and the temples are polished. They soothe the user and guarantee uncompromising comfort.

The outer surfaces are rough. The transitions are sharpened into edges. The angles are exaggerated, the volumes are pushed back. A bold aesthetic choice, unpolished surfaces are put forward like trophies giving Manifeste all its strength: a skillful display of manufacturing technique.

The sum is an object that remains functional and minimalist and which fits perfectly into the BAARS DNA. It strongly expresses the conviction we share with architect Louis Sullivan that function comes before form. Or rather that “form follows function”.

Manifeste is available in two shapes: one butterfly and the other crown pantos named respectively “Renzo” and “Richard”. We have come full circle.

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De ses débuts en cuisine à l’ouverture de son propre restaurant, EM, à Mexico, Lucho n’a plus à prouver son talent. Si ses assortiments audacieux et son regard nouveau sur la cuisine l’ont rendu célèbre, le chef Lucho a su rester authentique et cool… ce qui lui vaudra d’être au cœur d’un sujet “Munchies” de Vice Magazine.
Au-délà de ses talents en cuisine, Lucho est un ami, un mari et un père. Du marché en bas de chez lui au bouillon du service en passant par l’intimité de son foyer, nous avons eu la chance de passer une journée avec lui et rendons hommage, a travers quelques clichés, à l’inspiration qu’il représente pour nous.

From his beginnings in the kitchen to the opening of his own restaurant, EM, in Mexico City, Lucho’s talent is unquestionable. While his bold pairings and fresh take on cooking have made him famous, Chef Lucho has remained authentic and cool… which is why he was featured in Vice Magazine’s “Munchies”.
Beyond his talents in the kitchen, Lucho is a friend, husband and father. From the market down the street to the broth in the kitchen and the intimacy of his home, we had the chance to spend a day with him and pay tribute, through a few shots, to the inspiration he represents for us.

Chef Lucho Martínez

Originally from Coatzacoalcos, Veracruz, Lucho Martínez lived part of his childhood and adolescence in Nashville, Tennessee. At the young age of 14, he ventured into his first formal job in the kitchen.

At 17, he moved to Cancun with the sole objective of studying gastronomy. He enriched his skills in the kitchens of different hotels until deciding to abandon school and fully commit to work.

Some years later, having relocated to Mexico City he found himself being a part of Quintonil –from chef Jorge Vallejo– and later on at Maximo Bistrot –from chef Eduardo García, who he considers an authentic mentor.

Chef Lucho Martínez

Originaire de Coatzacoalcos, Veracruz, Lucho
Martínez a vécu une partie de son enfance et de son adolescence
à Nashville, dans le Tennessee. À l’âge de 14 ans, il
s’aventure pour la première fois dans une job en cuisine.

A 17 ans, il déménage à Cancun avec pour seul objectif d’étudier la gastronomie. Il a enrichi ses compétences et engrange de l’expérience dans les cuisines de différents hôtels jusqu’à ce qu’il décide d’abandonner l’école et de se consacrer entièrement au travail de chef.

Quelques années plus tard, après s’être installé à Mexico, il s’est retrouvé au Quintonil -du chef Jorge Vallejo- et plus tard au Maximo Bistrot -du chef Eduardo García-, qu’il considère depuis comme un véritable mentor.

In 2018 and, armed with years of experience, Lucho opened Em (named after his daughter Emilia) in Mexico’s foodiest neighbourhood, Roma Norte.

Em uses known ingredients, with deep roots, in unconventional ways. From the heat of kitchen, to the speed of service, huitlacoche becomes a small tart with Ocosingo cheese; cactus, in a broth made out of fish bones; escamoles, in small round croquettes with a dash of serrano.

Its kitchen is the result of a long and dedicated process: it is the influence of different techniques, national and international, in the attempt of establishing a signature. The selection of the best product is merely the beginning of its creative process, is it a point of departure that leads us to unusual decisions, that end in dishes with soft yet intense flavours, short and long-lasting, new and known.
Em is not a type of kitchen, it is an inquiry of its own style that seeks excellence.

En 2018, fort de ses années d’expérience, Lucho a ouvert Em (du nom de sa fille Emilia) dans le quartier le plus foody du Mexique, Roma Norte.

Em utilise des ingrédients connus, aux racines profondes, de manière non conventionnelle. De la chaleur de la cuisine à la rapidité du service, le huitlacoche devient une petite tarte au fromage Ocosingo ; le cactus, un bouillon à base d’arêtes de poisson ; les escamoles, de petites croquettes rondes avec un soupçon de serrano.

Sa cuisine est le résultat d’un processus long et dévoué : c’est l’influence de différentes techniques, nationales et internationales, dans la tentative d’établir une signature.

La sélection du meilleur produit n’est que le début de son processus créatif, c’est un point de départ qui conduit à des décisions inhabituelles, qui aboutissent à des plats aux saveurs douces mais intenses, courtes et durables, nouvelles et connues. Em n’est pas un type de cuisine, c’est une enquête recherche de style et d’excellence.

Feeling hungry ?
check his restaurant :
@em.rest
https://itsemilia.rest/

Thanks Lucho.
Lucho Martinez
@thisislucho
www.luchomartinez.com

Pictures : Diego Padilla Magallanes
www.diegopadillaphoto.com
@diegopadillama

Au commencement /

At the beginning

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        Tout commence en 1796, à Morez, (a quelques kilomètres d’Oyonnax). Au fond des montagnes, c’est un petit village situé à deux pas de la Suisse. Il se trouve en plein cœur du bassin métallurgique jurassien.
Là-bas, vit le maître cloutier Pierre-Hyacinthe Cazeaux : son métier consiste à fabriquer des clous pour de multiples usages, allant des souliers au fer à cheval. En 1796, une idée ingénieuse lui vient : celle de tordre un fil métallique pour encercler des verres de correction. Mais il en a une autre : celle de concevoir des branches qui enserrent l’oreille et permettent le maintien des lunettes. La lunette moderne en métal est née.Grâce à M. Cazeaux, c’est bientôt le village entier de Morez qui se spécialise dans la confection de montures de lunettes métalliques, puis le savoir-faire s’étend au bassin voisin, Oyonnax.

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        It all began in 1796, in Morez (a few kilometers from Oyonnax). Deep in the mountains, this small village lies a stone’s throw from Switzerland, located in the heart of the French Jura steel belt. There lived master nail maker Pierre-Hyacinthe Cazeaux: his trade consisted in making nails used for many things, from shoes to horseshoes. In 1796, he came up with an ingenious idea: to twist a wire around corrective lenses. Then another: to design temples that encircle the ear and allow the glasses to be held in place. Modern metal eyewear was born. Soon, the entire village of Morez specialized in manufacturing metal frames and the know-how spreaded to the neighboring region of Oyonnax.

gravure UV des branches / UV engraving of the temples

improbo fabrum labore ascendit /

        À Oyonnax, une devise orne les murs et habite les esprits : “improbo fabrum labore ascendit” – “elle s’est élevée grâce au travail opiniâtre de ses habitants” -.

Ses habitants ont le savoir-faire chevillé au corps : Dans cette ville, on est alors faiseur de peignes de père en fils, comme en attestent les registres de l’état civil. De faiseurs de peignes en buis puis en corne, on devient faiseurs de peignes en celluloïd. Cette nouvelle matière plastique, la toute première du genre, a été inventée à la fin du XIXe siècle. Elle présente des qualités incomparables : elle est à la fois plus souple, plus légère, plus solide et plus malléable. On s’arrache ces nouveaux peignes.

         In Oyonnax, a motto adorns the walls and inhabits the spirits: improbo fabrum labore ascendit, meaning “it has risen thanks to the stubborn work of its inhabitants”.

People here have a strong sense of craftsmanship: this town has seen generations of comb makers, as the civil registry shows. First making combs out of boxwood then horn, the comb makers ended up using celluloid. This new plastic material, the very first of its kind, was invented at the end of the 19th century. It had incomparable qualities: it was more flexible, lighter, stronger and more malleable. These new combs sold like hotcakes.

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Vérification des stocks d’acétate / Checking acetate stocks

        Pour soutenir l’activité, la coopérative met en place une usine à vapeur, La Grande Vapeur. D’un genre nouveau, son organisation reste ancrée dans les racines paysannes de ses ouvriers. En effet, elle regroupe 32 cabines individuelles, chacune raccordée au moteur central. Son fonctionnement était réellement celui d’une coopérative : pour occuper ces cabines, les ouvriers devaient verser un loyer mais ils étaient, en contrepartie, indépendants. Ils pouvaient donc bénéficier de l’énergie vapeur à leur guise tout en conservant leur liberté de travail. Ces ouvriers se voyaient sous-traiter la fabrication des lunettes, de la part des marchands et c’est ainsi que la région prit son essor économique.

        To support the growing activity, the cooperative set up a steam factory, “La Grande Vapeur”. This factory was of a new breed but its organization was anchored in the agrarian roots of its workers. It consisted of 32 individual booths, each connected to the central engine and functioned like a proper cooperative: to occupy these booths the workers had to pay rent, but in return they were independent. They could therefore use the steam power at will while retaining their freedom to work. These workers were subcontracted by the merchants to make eyeglasses and this is how the region took off economically.

Gabarits de découpe des verres / Lenses cutting templates

Un nouveau succès /

A new success

        Mais dans les années 1920, la croissance s’essouffle : la mode des cheveux courts provoque un déclin soudain et inattendu des ventes de peignes. Les Roaring Twenties (les années folles) font souffler un vent de liberté tout droit venu des États-Unis : les actrices américaines Louise Brooks et Josephine Baker inspirent les femmes françaises. Tout comme Coco Chanel, elles arborent désormais des coupes boyish, des coupes à la garçonne. À l’époque, une femme sur trois porte les cheveux courts : le peigne devient donc un accessoire désuet. Alors on cherche à diversifier les activités : on utilise l’acétate de cellulose, successeur du celluloïd, pour produire des jouets, des pièces techniques … et des lunettes.  C’est à cette époque que la vallée du Jura devient ce que l’on a ensuite nommé la Plastic Valley, c’est-à-dire un véritable bassin industriel et technologique qui continue encore aujourd’hui son envergure nationale comme mondiale. Les lunettes jurassiennes connaissent un grand succès : elles incarnent la modernité. Et elles s’exportent ! Dans les années 1950, les artisans lunetiers sont submergés par les demandes américaines : on leur commande des lunettes en acétate par milliers !

        In the 1920s, however, growth started dwindling: the fashion for short hair caused a sudden and unexpected decline in comb sales. The Roaring Twenties brought a spirit of freedom straight from the United States: American actresses Louise Brooks and Josephine Baker inspired French women who, like Coco Chanel, now sported tomboyish cuts. At the time, one in three women wore their hair short and combs became obsolete. The region therefore tried to diversify its activities: cellulose acetate, the successor to celluloid, was used to produce toys, technical parts and… eyeglasses. It was at this time that the Jura valley became what was later called “Plastic Valley”, a true industrial and technological zone of national and global caliber. Jura eyewear became a great success: it embodied modernity and exported well. In the 1950s, eyewear manufacturers were overwhelmed by American demand and had to fulfill orders of acetate glasses by the thousands.

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Dernières vérifications et polissage des montures / Final checks and polishing of the frames –

Le challenge de la délocalisation /

The challenge of relocation

        Ce parcours, c’est celui de notre usine principale, Lucal, dont les origines remontent en 1900 et la fabrication de peignes et barrettes. Lucal connaît aussi la folie des années 50 jusqu’à son apogée, en 1980, où cette entreprise familiale compte désormais 400 employés et travaille avec des grands noms de la mode comme Lanvin et Chloé.  Comme beaucoup d’autres hélas elle connaîtra le déclin dû à la délocalisation croissante des ateliers de production : Taïwan, Hong-Kong ou encore le Japon proposent des modèles moitié moins chers. Ce déclin s’accentue encore avec l’ouverture commerciale de la Chine. Les grandes maisons les premières ont quitté le navire pour le pays du milieu où les coûts de production y étaient moindres. Dos au mur, certains ateliers ont été contraints d’y délocaliser une partie de leur production. C’est dans ce contexte difficile qu’est né le deuxième de nos fabricants : Optisun.

En 1980, Edmond Maitre, décide de créer ses propres lunettes :. À l’époque, c’est dans son garage qu’il construisait les prémices du savoir-faire d’Optisun. En 1985, l’entreprise est née et comptabilise 10 salariés. En 1990, son fils Olivier rejoint l’entreprise. Il comprend rapidement que la modernisation de l’outil de production est nécessaire pour faire vivre la lunette et le savoir-faire Français, chers à son cœur.  C’est ainsi que l’entreprise fabrique ses propres machines à commandes numériques pour moderniser l’usine et apporter de nouvelles techniques et procédés de fabrication. Ces efforts positionnent aujourd’hui Optisun comme une usine dont le fruit du travail est admiré partout dans le monde.

 

        This journey mirrors that of LUCAL, our main factory, whose origins date back to 1900 and the manufacturing of combs and barrettes. LUCAL also went through the madness of the 1950s and reached its peak in 1980. At the time, this family-owned business employed 400 people and worked with big names in fashion such as Lanvin and Chloé. Sadly, like many others, LUCAL experienced a decline due to the increasing relocation of production workshops: Taiwan, Hong Kong and Japan offered products that were half the price. This decline became even more pronounced with the opening up of China’s trade. Large manufacturers were the first to jump ship and relocate to China, where production costs were lower. With their backs to the wall, some smaller workshops were forced to relocate part of their production there. It was in this difficult context that the second of our manufacturers was born: Optisun.

In 1980, Edmond Maitre decided to create his own glasses. At the time, he was working from his garage to build Optisun’s expertise. In 1985, the company was founded and had 10 employees. In 1990, his son Olivier joined the company. He quickly realized that the modernization of the production tools was necessary if he were to keep French eyewear and know-how alive, an endeavor dear to his heart. This is why the company manufactures its own CNC machines to modernize production and introduce new manufacturing techniques and processes. These efforts have positioned Optisun as a manufacturer whose work is acclaimed around the world.

Machines d’usinage 5 axes et machine de découpe des verres / 5-axis machining and glass cutting machine

Un futur radieux /

A bright future ahead

        La modernisation, l’excellence et l’innovation sont ces mêmes clefs qui on permit à Lucal de subsister et de rebondir: avec à son bord des profils comme ceux Christian Girard et David Rondelet, tous deux Meilleurs Ouvriers de France, l’entreprise cultive un savoir-faire rare qui attire jusque dans les plus grands noms du luxe Français : Cartier par exemple, choisi Lucal pour la fabrication de ses montures. Avec la COVID et la prise de conscience des faiblesses de notre industrie, le made in France fait son grand retour en force. Avec lui, grandit l’idée d’une consommation plus raisonnée qui promet à la région un bel avenir. Ce savoir-faire, cet héritage, mais aussi l’envie d’innover sont les clefs de notre production: raisonnée et locale, elle repose sur l’expérience de partenaires qui nous font confiance depuis nos premiers jours.

        Modernization, excellence and innovation are the same cornerstones that have enabled LUCAL to survive and bounce back: with people such as Christian Girard and David Rondelet on board – both Meilleur Ouvrier de France (“Best Craftsmen in France”, an elite group of professionals) – the company cultivates a unique know-how that attracts even the greatest names in French luxury. Cartier, for example, chose LUCAL to manufacture its frames. With COVID and the awareness of our weaknesses, the “Made in France” industry is making a comeback. In its wake grows the idea of a more sustainable consumption, which promises a bright future for the region. This expertise and legacy, as well as the desire to innovate are the keys to our production: sustainable and local, it is based on the experience of partners who have trusted us since our beginnings.

Christian Girard – Meilleur ouvrier de France
Christian Girard – Best Craftsmen in France

Espace de prototypage – Prototyping area

Faces en production – Fronts in production

Galets de polissage – Polishing pebbles

        Cet article n’aurait pas été possible sans la participation des usines Lucal et Optisun ainsi que tout leur aimable personnel. Sans Jim Rosemberg pour la photographie ainsi qu’Alexis Kaiser pour les traductions. Merci à tous.

Guillaume Thuau – Co-fondateur BAARS

        This article would not have been possible without the participation of the Lucal and Optisun factories and all their kind staff. Without Jim Rosemberg for the photography and Alexis Kaiser for the translations. Thanks to all of them.

Guillaume Thuau – BAARS’ co-founder

La vie tranquille /

Jim Rosemberg

ENGLISH VERSION BELOW



2020 restera gravée dans de nombreux esprits comme une année noire. 2020 année d’incertitude, de rupture et des surprises, année de solitude. 2020 année chaotique.
Mais c’est aussi 2020 qui a vu naître l’une de nos plus belles collaborations : celle avec Jim Rosemberg… Comme dit  Dostoyevsky, ” The darker the night, the brighter the stars”.

Rencontré en 2019, ce photographe, réalisateur et musicien vivant entre Paris et les Pyrénées ariégeoises, nous a séduits par sa sensibilité et son honnêteté. Son travail, chaleureux et juste complète parfaitement la simplicité voulue de nos produits, et leur faculté à se fondre au porteur et à l’environnement.

Cette osmose et bienveillance, réconfortent dans une époque ou chaque individu est challengé à de nombreux niveaux. Parce qu’il a choisi de vivre en prenant le temps et parce qu’il regarde ce qu’il compte, ça devait être lui qui nous accompagnerait sur notre prochaine campagne :

Ayant débuté la photographie à l’âge de 16 ans, Jim tombe amoureux des procédés argentiques. Dès lors, il ne quittera plus ses appareils photo et entame un travail photographique basé sur le souvenir et le moment présent. C’est ici la clef de son travail :
l’argentique n’est pas le sujet mais un chemin qui permet d’arriver à une proximité, une spontanéité et une chaleur unique. Ce rapport direct a une technique classique maitrisée, en fait un artiste à part entière.

S’il travaille aussi aujourd’hui beaucoup dans la mode et le portrait ce sont ses documentaires de voyages qui nous ont le plus marqués et, ont donné le ton de notre travail ensemble :

contextualiser la simplicité et l’universalité de nos lunettes. Inscrire dans le quotidien nos produits, suggérer comment notre innovation et notre vision trouve sa place dans nos moments de vies, en laissant à chacun la place pour se projeter, de ressentir.

BAARS n’est pas un accessoire de mode. Pas un accessoire de santé. BAARS c’est la volonté de réinstaurer un rapport honnête à un produit présent avec nous depuis bientôt 300 ans. Une volonté de l’adapter à nos usages et nos challenges, notamment environnementaux.

Finalement Jim et nous regardons dans le même sens.
Et si c’est à travers ses oeuvres que Jim veut nous montrer ce que peut-être, doit être, la vie;
c’est à travers nos montures que nous vous le montrons.


Guillaume Thuau – BAARS’ Co-Founder

The quiet life /

Jim Rosemberg



2020 has been etched in many a memory as a dark year. 2020 has meant in turn uncertainty, breakdown, surprises and solitude. It has also meant chaos.
But 2020 has also seen the birth of one of our most beautiful collaborations:
with Jim Rosemberg… As Dostoyevsky said: “The darker the night, the brighter the stars”.

Photographer, director and musician, we met Jim in 2019 when he was sharing his time between Paris and the South-Eastern Pyrénées mountains.
He charmed us with his sensibility and honesty. His work, warm and fair, perfectly completes the intended simplicity of our products, and their faculty to
blend in with their owner and the environment.

This benevolent osmosis soothes us at a time when every individual is being challenged on many levels. Because he chooses to take the time to live and
because he is mindful of what matters, he had to be the one to accompany us on our next campaign:

Jim started photography at 16 when he fell in love with analog cameras. Since then, they have never left his side as he embarked on a photographic
project based on both memories and the present moment. That is the key to his work: analog is not the subject but the path to proximity, a unique warmth
and spontaneity. This direct link to a classic technic which he masters makes him an artist in his own right.

Today, he also does fashion photoshoots and portraits, but what affected us the most were his travel documentaries. They set the tone of the work we did
together: contextualize the simplicity and universality of our glasses. Inscribe our products in everyday life, suggest how our vision and innovation finds its
place in our lives and let each person find enough room to project and feel.

BAARs is no fashion accessory, nor a health gadget. BAARS embodies the will to reestablish an honest link to a product that has been with us for almost
300 years. A will to adapt it to our uses and challenges, especially environmental.
Ultimately, Jim and BAARS are looking in the same direction. And if Jim, through his work, tries to show us what life could or should be, we convey this message through our frames.

Guillaume Thuau – BAARS’ Co-Founder

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Images : Das Programm – www.dasprogramm.co.uk

Back in the late 1970s, Dieter Rams was becoming increasingly concerned by the state of the world around him — “an impenetrable confusion of forms, colours and noises.” Aware that he was a significant contributor to that world, he asked himself an important question: is my design good design?

As good design cannot be measured in a finite way he set about expressing the ten most important principles for what he considered was good design. Sometimes they are referred as the ‘Ten rules’.

 

Here they are, and here are exemples of how we have integrate them in our design process.

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A good design … /

To answer the day to day challenges of glasses wearers, BAARS has created, patented & use the only magnetic hinge in the world.

Thanks to its magnetic connection BAARS’ hinge limits the risk of breakage, wear & discomfort. It’s not a gimmick or a joke, it’s our answer to challenges that we noted on glasses wearers.

Every frame is drawn and prototyped several times until the perfect ratio is reached, that is in proportion and works perfectly on the face. Our goal is to make simple and beautiful products.

With only two parts to create the hinge, BAARS has found the easiest system to understand. The physicall answer we provide is only driven by the fonction, making our product clear.

Our glasses are not fashion accessories, or pieces of art. They’re neither decorative object. They meant to serve a purpose, be confortable and make the wearer happy, living in harmony with his face & body. In this sense, they are indeed beautiful pieces of eyewear.

All our products are designed to make your life simpler. All our products are made in France with respect to every signal manufacturer & material used. We don’t pretend anything else that what we do: smart, sustainable products.

Our magnets have a life of around 100 years, never losing strength. Take care of them, they will take care of you 😉

The hinge is not the only piece of design on our frames. Nose pads, temples, weight & balance, material … Everything is thought of to make your life better .

All our products are made in France, and delivered with 100% carbon neutral shipment. We use only premium natural mazzucchelli acetate.

Shapes, hinge, packaging… less is more. We put all our effort in delivering efficient & minimalist solutions.



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Facebook : Les belles gueules

website : https://lesbellesgueules.com/

LES BELLES GUEULES /

BORDEAUX




Le premier shop Les Belles Gueules a ouvert il y a 5 ans et demi dans le quartier historique de Bordeaux, au cœur de la rue des commerces indépendants. J’ai voulu ouvrir un lieu ou je peux défendre et mettre en avant les artisans lunetiers que j’affectionne. Nos clients viennent chez nous pour trouver un vrai conseil, une histoire, un “professionnalisme décontracté”! On prends le temps de discuter autour d’un café (bon ça c’était avant le COVID), on leur explique qui et comment est fabriquée la monture qu’ils vont porter.Depuis, j’ai ouvert un deuxième magasin, toujours à Bordeaux! Cette fois dans le quartier des Chartrons, quartier historiquement des antiquaires qui se développe beaucoup et attire des clients sensibles au commerce de proximité.Les Belles Gueules c’est donc aujourd’hui 2 shops bordelais, 4 opticiennes passionnées et des partenaires sélectionnés avec amour!





LE METIER, LA VISION

J’essaie vraiment de mettre en avant des créateurs que je connais personnellement et dont l’histoire m’inspire et me touche. Nous voulons le retranscrire auprès de nos clients donc plus nous serons proches de nos partenaires et plus nous aurons une facilité pour en parler et les vendre.Pour moi, pas de secret, c’est donnant donnant ! Tous nos partenaires qui nous font confiance, qui sont compréhensifs, passionnés et pro sont ceux avec lesquels nous bossons le mieux.

Pour la relation avec nos clients c’est la même chose. Pour moi, la règle numéro 1 c’est la sincérité du conseil. Si nous croyons sincèrement à ce que nous vendons, le client sera entièrement satisfait et jamais déçu (enfin presque jamais déçu!). Après , à nous de faire bien notre boulot pour tout le reste (examen de vue, choix du verre, montage,ajustage.. )

Je n’ai aucun secret pour réussir, juste faire son métier avec passion et s’entourer d’une équipe et de partenaires sincères et de confiance.

POURQUOI BAARS ?

Parce que vous cochez toutes les cases énumérées plus haut !! Plus sérieusement, parce qu’au tout début j’ai été très séduite par le concept de l’aimant! “c’est tellement ingénieux, pourquoi personne n’y a pas pensé plus tôt!” voilà ce que je me suis dis. (Et c’est d’ailleurs ce que nous disent nos clients aussi quand on leur explique vos lunettes) Ensuite bien sur parce que c’est fabrication française. On aime le coté sobre, facile à porter mais technique et innovant à la fois.

Ensuite, parce qu’on vous aime bien! Haha

On a été là depuis les débuts et je suis particulièrement attachée à un partenaire que j’ai accompagné depuis leur lancement. C’est important pour moi de continuer à vous soutenir. Vous vous développez chaque année et on est toujours ravies de découvrir vos innovations. Vous êtes une marque proche de vos clients et toujours là pour nous aider/dépanner. J’apprécie vraiment, c’est pas toujours aussi simple!

Et cerise sur le gâteau, on aime particulièrement bien votre agent tout fraîchement recruté sur notre région ! (Jerry 😉 )

Bref, BAARS c’est une boite innovante, pro et amicale.






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A FEW WORDS…

“Since opening her first shop in 2008, Julia Gogosha has developed into one of the most important, forward thinking independant opticians in the USA. As a long-standing curator for the most interesting and avant-garde eyewear she is not only strong in her home country, but has now reached a global following.

From the first moment we approached her she returned so much positive and creative energy that it literally blew us away. She loved our concept and we loved her. Julia is a great person, a creative pioneer who sheds light on “one-of-a-kind” eyewear. For us, it was clear immediately that a collaboration with Julia would bring exciting results. Entwining our creative DNA with hers is allowing us to bring a truly new and unique experience to eyewear lovers.

Working with Julia is energizing, challenging and fun. In these turbulent times her strong spirit has been both refreshing and inspiring, helping us to keep looking forwards. We are really excited about continuing on this journey together and seeing what the future holds.”

Guillaume Thuau 
BAARS’ co-founder & Creative Director

The Collab’ /





As much an object as it is eyewear. Baars’ patented magnetic connection, along with SLS technology, allows for limitless possibilities. Baars worked with Julia Gogosha to create the dimensional, sculptural elements that, until now, have been limited in conventional materials and construction. With its no waste production, this collaboration bridges familiarity with modernity. A visual and tactile sense of play and discovery.

Rephrasing our relationship with the object of eyewear. Familiar everyday forms inspired by daily architectural details, commonly expressed through wood and ceramic, translating the inspiration to the temples. Focusing on a neutral palette allows the wearer to be the focus when the frame is worn. The moment you touch the frame you are connected to its sense of play and simplicity. Unpretentious and unpredictable. Surprise and delight, and even a sense of relief; one less thing to worry about. Wear them daily or occasionally. As a daily statement or as a sporadic surprise.
Equal part utility and play.

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JULIA GOGOSHA /




The attraction to BAARS was immediate and magnetic. Holding the frames in my hands the very first time I knew i was holding the future of eyewear. The simple ingenuity of the magnetic connection component as If it has always been.”

“First a smile and then a giggle transformed to a full laugh. Pure elation. I was literally playing with the frames! Twirling and fidgeting with the temples just because I could. Equal parts utility and play. Need and want.

When presented with the opportunity to design a capsule collection, I knew, for the first, time we could create what had only existed in my imagination. Sending crude sketches of my dream frames. Baars interpreted and executed my ideas to perfection. Utilizing selective laser sintering technology, we could create these pieces with mindful, no-waste production
Baars creates familiar, understated shapes. To align our designs with their core brand I focused on familiar, face friendly shapes, fitting most any composition of features. Working tirelessly on proportions and bridge fit, we achieved designs both unique and universal.

Dimensional, textured, graphic, tactile and beautiful. Familiar in form, but never before seen in eyewear design. The temples which are the most distinct component of the frames are inspired by ceramics, woodturning and glassworks.”

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Jimmy Marble /

photographer

Julia introduced to us the idea to work with Jimmy Marble for this collaboration. What we felt when we saw his fabulous work was joy, fun, excitement, style, humor, play, warmth … and it was immediately clear that we simply had to ask Jimmy to join our project. We had no idea if he would accept as Jimmy has worked with many renowned clients, and we “only” had this “unknown” project. When Julia finally informed us that he agreed to shoot our campaign we were totally thrilled.



“When Julia reached out to me for this shoot, I remember the original plan was a much more standard eyewear shoot — glasses on a model in a cool location, etc.

But after seeing the frames and getting inspired through Julia’s excitement and enthusiasm for them as objects, we quickly pivoted to a shoot that would feature the glasses as subjects of a still life.
I brought on Brandon Clark and Honor Hamilton, two of my favorite prop stylists, to help create unique, art-history driven setups for the frames to exist in. The frames themselves can conjure so many different eras of art — Brancusi comes to mind, the arts and crafts movement, all the way to Memphis.

There’s a timeless quality we wanted to capture with the series. The shoot itself was a fluid conversation from beginning to end between Julia, Brandon, Honor and myself, improvising and enjoying the process, moving on when we loved where we landed, and starting over when we felt we missed.”

Jimmy

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Unique /

Our BAARSxGOGOSHA capsule collection is comprised of 4 neutral colors, inspired by 3 warm skin tones (Coffee, Hazel, Dune) and a cool Clay. All neutral, distinct and personal.

The lense colors we created, not only work in harmony with the frame colors and are lovely to look through, they also maintain the intimacy of eye contact during conversation, while still being protected from UV rays.
Our inaugural production is limited to 100 pieces in total, available at the top optical boutiques in the world.

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SEE PRODUCT

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BOOTH 5A P133/ 23- 26 September 2022 / Parc des expositions de Villepinte

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